[Candidature acceptée] Colmoda Thirath.

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Falstaf
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Re: [Candidature] Colmoda Thirath.

Message par Falstaf »

Falstaf sursauta, mais davantage par politesse que par peur : rien de ce qui se passait dans son laboratoire ne lui échappait, et les innombrables yeux et oreilles qui s'y trouvaient l'avaient déjà tenu informé de la présence de l'inquiétant personnage.

Ca ne vous ferait rien de vous signaler poliment, la prochaine fois ? fit-il en guise de remontrance, tout en sachant que Corwin n'en avait cure.

Le baron continua son travail l'air de rien. Pour un observateur extérieur, on eut dit qu'il se parlait à lui-même.

L'abomination qui a causé ce désordre a été créée par Adrien Gardon, ancien membre du Culte des Damnés, autrefois installé à la Scholomance, dont il a été chassé pour extravagance. Nul ne sait ce qu'il est advenu de lui depuis toutes ces années. Je vous suggèrerais bien de rechercher du côté des cimetières pour voir si on n'a pas signalé des vols de cadavres, mais si Gardon est allé au bout de ses idées, il n'en a plus vraiment besoin aujourd'hui. En revanche, il aura besoin de beaucoup d'énergie pour activer ses créatures. Ca peut être une piste...

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Balthamus Finch
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Re: [Candidature] Colmoda Thirath.

Message par Balthamus Finch »

Des convenances, il n'en faisait pas usage. Elles appartenaient à un monde qui n'était pas le sien, distant de lui d'environ trente années, avant que tout ne commence. C'était une forme d'humour. Le ton du Baron le suggérait. Un frisson haineux mordit sa chair sous sa combinaison, sur l'échine directement. D'autres visions remplacèrent celles de la scène pour quelques poignées de battements de coeur, toutes faisant éloge d'une sanglante violence, à repeindre les murs gris de fractales rouges. Il claqua des mâchoires, revenant à la composition de réalité sous ses yeux.

« L'abomination qui a causé ce désordre a été créée par Adrien Gardon, ancien membre du Culte des Damnés, autrefois installé à la Scholomance, dont il a été chassé pour extravagance. Nul ne sait ce qu'il est advenu de lui depuis toutes ces années. Je vous suggèrerais bien de rechercher du côté des cimetières pour voir si on n'a pas signalé des vols de cadavres, mais si Gardon est allé au bout de ses idées, il n'en a plus vraiment besoin aujourd'hui. En revanche, il aura besoin de beaucoup d'énergie pour activer ses créatures. Ca peut être une piste ... »

Et derechef un autre monde de visions fragmentaires, comme des coups de couteau fendant son champ de perceptions. De la chair meurtrie, des longueurs de fil de fer, des rictus dentés, becs crochus, longs couteaux et tenailles. Un autre, un autre de ces expérimentateurs, de ceux qu'il chassait, qu'il avait été fait pour traquer. Virtuellement, il savait et ne savait pas, sa mémoire et sa connaissance liées à la vertu des plus grands des omniscients. Il savait maintenant. Et sans crier gare, sauf peut-être aux yeux de certains des résidents des profondeurs du laboratoire.

L'ombre rôde. Et elle est en chasse.
"Un soir et quelques heures encore, à tirer sur l'exil,
Filer la beauté disparue, qui ne tient qu’à un fil,
Le dernier soir, la Dernière Nuit, pour savoir qu'elle existe,
Et donner à l'Ange déchu le goût du Sacrifice."


Balthamus Harold Finch, Chevalier de l'Ost Pourpre, Champion du Passeur-de-Royaumes - Dévotion.
Corwin, Ombre de Flinson Steelwood - Perfection.

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Colmoda Thirath
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Re: [Candidature] Colmoda Thirath.

Message par Colmoda Thirath »

Thirath avait recouvré la pleine jouissance de son ouïe. Profitant de l’hospitalité de ses hôtes en armes, il avait eu à cœur de se remplumer avant d’organiser la suite des évènements. La nourriture y était aussi goûteuse qu’abondante, en dépit des conditions délétères dans lesquelles l’Ost évoluait. En dehors des enclaves argentées, rien ne poussait sur ces terres impies. Rien de bon, du moins.

Peu avant d'aller se coucher, il avait troqué auprès du forgeron local l’armure avec laquelle il était arrivé pour une autre de l’Ost plus discrète, ainsi qu’un solide bouclier. Ses nouvelles plates étaient presque aussi sombres et sobres d’apparence que celles qu’il avait utilisées pour guerroyer aux côtés des écarlates de l’Île de la Purification, théâtre d’une grande tragédie & d’une grande infamie. Afin d’altérer quelque peu ce souvenir, ces dernières furent partiellement repeintes aux couleurs de l’ordre, dans des tons violacés. Nulles armoiries, cependant, ne pouvant pas y prétendre.

Aux premières lueurs du jour, il était parti en quête de son destrier disparu, flanqué d’un fantassin nommé Thornby qui lui servait tout aussi bien d’escorte que de gardien. Il n’était pas prisonnier en ces lieux, mais la prudence était de mise. Son précédent tabard avait laissé une forte impression sur les pontes, et il convenait désormais de montrer patte blanche. « Pas de vague », telle était devenue sa devise. Ses recherches le menèrent d’abord aux écuries du bastion, suivant toute logique élémentaire. Il y trouva bien vite son bonheur, équidé & équipement compris. Le palefrenier de garde en cette heure matinale lui indiqua que le retour de la bête fut l’œuvre du médecin Reihnardt, qui, fidèle à sa parole, avait pris l’initiative de chercher le fuyard à sabots et de le ramener à bon port.

Remerciant brièvement le travailleur pour l’entretien de son compagnon, il s’assura que toutes ses affaires étaient restées en place. Fort heureusement, elles n’avaient point été altérées par des mains baladeuses. Le fourreau en cuir de gnoll contenant son épée longue sanctifiée, à ses yeux inestimable, demeurait toujours sur le flanc de la selle, solidement relié à cette dernière par une épaisse sangle. Il loua la Lumière du bout des lèvres, dans un soupir de soulagement. Le reste de ses effets personnels étaient également présents, encore attachés. Un petit coffre d’acier notamment, scellé par une lourde chaîne cadenassée, trônait sur la croupe du cheval aux côtés de son paquetage usuel.

À l’intérieur se trouvaient les économies de toute une vie. La douloureuse vente du domaine familial avait grandement contribué à épaissir la somme d’origine. Une démarche qui n’était pas sans symbolisme. Les Carmines, Hurlevent. Tout cela était derrière lui, désormais. Sa patrie de naissance ne signifiait plus rien, l’avenir n’était pas au sud, il en était convaincu. Son avenir. Son héritage. Celui que sa mère, lordaeronnaise de naissance, avait laissé derrière elle dans sa fuite quand elle n'était alors qu'une jeune pousse. En ce temps ce n'était point le Fléau qui la poursuivait, mais les manigances de dangereux nobliaux prêts à toutes les bassesses pour parvenir à leurs fins. Une époque lointaine, mais des tempéraments ô combien contemporains.

La forteresse était en effervescence, depuis l’attaque meurtrière des morts-vivants. Les soldats renforçaient les défenses du mieux qu’ils le pouvaient, supervisés par des officiers en alerte. Les patrouilles s’étaient considérablement étoffées. La tension était palpable. Les morts avaient inspiré aux vivants, ramollis par l’inaction de plusieurs mois, une soudaine énergie. Puisée dans la tragédie, elle insufflait aux cœurs fragiles des hommes un souffle nouveau, salvateur.

On lui avait demandé de participer à l'effort de guerre. Une mission aux côtés de ceux qui l’avaient jugé tantôt était en préparation, afin de déterminer sa valeur, sa bravoure et son engagement à la cause.

« Ingrid » la bien nommée en souvenir d'une sœur perdue, forgée dans les flammes de la montagne par le seigneur écarlate Gavius Poing d’acier, sanctifiée par trois fois du nom de la Très Sainte et de son métal béni, pourrait enfin s'abreuver prochainement du sang des engeances, des impies et des traîtres. Pas seulement pour Lordaeron. Pour Arathor, son souvenir et son avenir. Pour l’unité de l’Humanité. En leurs noms… et au sien.

Dégainant l’épée de son fourreau, il resta ainsi figé, face contre lame, sous le regard inquisiteur de son escorte qui avait porté par prudence la main à son pommeau.

« Plus de bleu ni de rouge, mais du pourpre, désormais. »

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Falstaf
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Re: [Candidature] Colmoda Thirath.

Message par Falstaf »

Résumé des évènements de la veille :
Le soldat empoisonné lors de l'attaque de l'abomination s'était éveillé comme pris de rage, démolissant le laboratoire de Falstaf et allant jusqu'à emporter sa porte d'entrée. L'intervention de Balthamus, Solÿn, Mikort et Timerius, aidés par le soutien inopiné d'Aäran, candidat à l'entrée dans l'Ost, avait permis de mettre fin au saccage. Mais le pauvre Firmin, le coeur épuisé par le poison qui courait dans ses veines, expira finalement.

L'analyse de Falstaf fut dévastatrice. Le gaz en question n'était certes pas une nouvelle Peste en puissance, car le mal ne se transmettait pas. En revanche, il pouvait faire entrer n'importe qui dans un état de rage démente avant un trépas rapide : s'il était répandu dans des zones peuplées, les dommages seraient considérables.

Plus que jamais, il fallait partir à la recherche du créateur de ces abominations. Une mission à laquelle allaient participer deux hommes qui ne s'attendaient pas vraiment que leurs premiers pas dans le Nord se fassent dans de telles conditions...
On se retrouve mardi prochain pour une belle soirée d'investigations et de combats !

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Falstaf
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Re: [Candidature acceptée] Colmoda Thirath.

Message par Falstaf »

[Après bien des péripéties...]

Le périple en Kalimdor avait usé ses forces, bien au-delà de ce qu’il s’était permis d’en montrer à ses compagnons. Installé dans un fauteuil douillet qui, à lui seul, valait plusieurs soldes, le baron Falstaf de Winhler prenait un peu de repos, son regard attentif restant cependant braqué sur l’ingénieux système de son laboratoire qui, chauffant d’un côté, refroidissant de l’autre, s’activait à produire le contrepoison tant attendu.

Il ne faudra pas que j’oublie d’ajouter des baies, fit-il à voix haute en se remémorant la supplique du comte, visiblement soucieux de s’éviter le goût atroce qui lui avait été promis. Pour les quelques jours de douleur qui suivront, en revanche…

Falstaf laissa ses pensées divaguer. L’affaire de l’empoisonnement était réglée, avec un succès qui l’étonnait presque. Il avait fallu aller à l’autre bout du monde, épuiser des ressources qui auraient été indispensables à d’autres projets, mais l’essentiel était là : les soldats de l’Ost touchés par le malicieux produit étaient saufs. Ou, du moins, ils allaient l’être dans peu de temps. Le baron s’étonnait de sa capacité à se mettre en quatre pour ce qu’il fallait bien appeler aujourd’hui ses compagnons. Certes, ceux-ci avaient du mal à l’admettre, voire ne le percevaient pas du tout : Falstaf aimait trop son rôle de trublion sulfureux pour s’en départir, même quand il mettait tout en œuvre pour sauver ses camarades, et cela lui jouait souvent des tours. Mais peu importait : il préférait ce rôle-là, quitte à susciter la méfiance. Car c’était le seul qu’il savait jouer.

Je vieillis, voilà tout.

Il porta son attention sur les éléments constitutifs de ce qui porterait, dans les prochains jours, le nom de Timothée 3. Le sacrifice de son geist l’avait affecté : il était auprès de lui depuis deux bonnes années. Mais il avait à peine hésité, à l’heure fatidique. Personne ne lui en avait su gré. Pourtant, c’est presque un fils qu’il avait immolé à l’Ost.

Un jet de vapeur le fit sursauter, et il se tira à grands regrets de son fauteuil. Le contrepoison était prêt. Il en préparerait une petite marmite, et la ferait porter à la troupe ce soir, munie d’une note manuscrite : « Un gobelet avant chaque repas pendant trois jours. Les douleurs intestinales seront redoutables. Au terme de ce traitement, le poison aura totalement été purgé ». Lui-même ne paraîtrait pas : il n’avait pas dormi depuis le retour des Tarides, et il lui fallait désormais prendre du repos.

Avant de se pencher sur le sort de ce confrère un peu trop brillant.

Verrouillé